Musa le guerrier de Kim Sung-Soo, Corée, 2001 (section Panorama)
Musa le guerrier est vraiment LA surprise du Festival de Deauville. Cette superbe production de Corée nous plonge dans l’Asie médiévale où le seul langage se trouve dans l’épée. Farouche et épique est le périple d’un groupe d’émissaires coréens envoyés en Chine pour amender l’assassinat de l’empereur Ming en Corée. L’histoire est superbe et narrée avec tous les moyens qui conviennent. Les acteurs sont grandioses et martiaux. La présence de Zhang Ziyi parachève la beauté de l’œuvre. Depuis peu, l’Asie semble affectionner la mise en scène d’affrontements entre petits groupes et forte armée (voir Bang Rajan). Là où Bang Rajan connaît quelque faiblesse de mise en scène, Musa le guerrier semble d’une grande cohérence. Chaque personne dégage tour à tour une force indéniable. Le rythme du film très soutenu ne fléchit pas d’un pouce jusqu’à la fin ! Un futur classique, un exemple à imiter !

Les larmes du Tigre noir de Wisit Sasanatieng, Thaïlande, 2000 (section Panorama)
Petite surprise du festival ! Ce film western thaïlandais à l’esthétique kitsch nous apporte une certaine fraîcheur et une candeur rares. On mélange sans vergogne le drame et le comique à gag. Difficile d’éprouver quoi que soit en dehors du rire. Cela dit, ce film mérite d’être vu rien que pour son parti pris graphique (couleur en aplat) et l’humour qu’il dégage. Le cinéma thaï semble acquérir une certaine cohérence, la technique est maîtrisée.
Ce pastiche des westerns des années 50, avec son esthétique outrancière, est tout bonnement étonnant ! Les Thaïlandais sont de grands sentimentaux, mais tout aussi féroces que leurs voisins du Sud-Est asiatique. À découvrir ! D.C.
Conclusion
Malgré une grosse programmation tournée vers les films d’auteur, les organisateurs ont l’excellente idée d’inclure des films de Johnnie To, des animations japonaises, ainsi que des films coréens et thaïlandais. Et nous encourageons plus particulièrement ce genre de cinéma. En effet, les films plus populaires d’Asie permettent au public occidental de mieux appréhender ce cinéma d’ailleurs. Les fans du cinéma populaire ont permis à ce dernier d’être diffusé en France. Au rythme des sorties intensives de ce cinéma cette année, ce genre de festival ne sera bientôt plus inconnu du commun des mortels français. Les Français se brideraient-ils ? ^_-
Les prix du festival du film asiatique de Deauville

Droite à gauche : Karen ’The Black Mask’ Mok (membre du jury, Lotus de la plus belle Robe ^_ ), Song Hae-Sung (Lotus du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Failan. Ce film a reçu aussi le Lotus du meilleur acteur et le Lotus du public), la sublime Dian Sastrowardoyo (Lotus de la meilleure actrice pour Whispering Sands), Yonfan (pour la photo de son film "Lotus de la meilleure image" Le Pavillon des Pivoines), Ahn Sang-Hoon (le producteur de Failan), Rena Horiuchi (scénariste de Gips, Lotus ex aequo du meilleur D.V.) avec Ryuichi Hiroki (réalisateur de Tokyo Trash Baby Lotus ex aequo du meilleur D.V.).
Lotus numérique
Ex æquo Gips de Akihiko Shiota, Japon, et Tokyo Trash Baby de Ryuichi Hiroki, Japon

Lotus du public (organisé par le magazine Première)
Failan de Song Hae-Sung, Corée
Lotus de la meilleure image
Henry Chung pour Le pavillon des pivoines, Hongkong

Lotus du meilleur scénario (avec la Fondation GAN pour le cinéma)
Kuo Cheng pour The Rule of the Game, Taiwan
Lotus du meilleur acteur
Choi Min-shik pour Failan, Corée
Lotus de la meilleure actrice (dédié cette année à la mémoire de Diane Barrière-Desseigne)
Dian Sastrowardoyo pour Whispering Sands, Indonésie

Lotus du meilleur réalisateur couplé au Lotus du meilleur film (soutenu par Metrobus)
Song Hae-Sung pour Failan, Corée
